TRANSVERSALES

TRANSVERSALES

« L’art est le plus court chemin d’un homme à un autre » Claude Roy

Serge SANDRAS

Hommage à Serge SANDRAS

Serge, c’était une qualité d’être, une manière d’être, peu communes. Il forçait le respect et, en même temps, il ne manquait pas d’interroger ceux qui ne le connaissaient pas profondément. Où puisait-il cette volonté et cette énergie pour une cause noble mais aussi désintéressée ? Je crois pouvoir dire que Serge occupait, occupe, parmi nous, une place plus grande que l’on croit. Serge, c’était un homme ému. Serge, une intelligence sensible, une générosité permanente, une grande capacité de pensée, après des détours ou des cheminements très personnels. Ce qui nous frappait, tous, c’était cette capacité, dans ses moindres actes, dans des situations compliquées, à fabriquer de l’humain. Dans sa manière de travailler son jardin comme dans sa manière d’enseigner, ou dans sa façon d’animer un groupe de travail. Personne comme lui ne savait élever une conversation familière au niveau des principes fondateurs. Serge, c’était quelqu’un qui sans cesse se créait, sans cesse recherchait, inventait et se cultivait. Serge, c’était un être en mouvement, un être en expansion permanente dont l’exemple et l’effort dynamisaient autour de lui : parents, proches, amis, camarades de travail. Serge, c’était un homme en marche et habitant un projet plus grand que lui, mais un projet à partager et à bonifier. Ce projet émancipateur n’est ni un constat, ni un héritage. Le projet de Serge, c’était un PARTI PRIS D’HUMANITE. Il savait pourtant ce parti pris fragile, combattu, menacé comme tous les projets généreux et humains. Menacé par tous les experts en spéculation et sans vision, menacé par un affairisme sans cœur. Par ces temps si difficiles et violents, il est de bon ton de disqualifier les convictions trop fermes, les opinions trop affirmées, l’engagement citoyen trop résolu. Serge a toujours combattu aussi le désenchantement savamment entretenu, par l’enthousiasme, la bonté, la puissance de se construire pour entreprendre. Serge, le pacifique, a pourtant toujours su que le contraire de la violence, ce n’était pas seulement la tendresse, mais avant tout l’éducation. Et toute sa vie s’est centrée autour de cette grande idée. Serge, c’était un homme voué à l’immense dignité de l’être humain. Pour lui, pas de vérité révélée, il revendiquait d’ailleurs une spiritualité qui n’est en rien réductible à une religion. L’émancipation laïque, disait-il souvent à la Fédération des Œuvres Laïques dont il fut le Président, consiste à attribuer à tout être une richesse de potentialités toujours plus grande que celle qu’il peut manifester dans les limites d’une situation donnée. Il honorait ainsi un principe fondateur de l’Education Populaire. Serge ne nous quitte pas. Car il nous a laissé les clés avant de quitter la maison. Nous pouvons les prendre si nous le voulons. Les utiliser, sera une façon de remercier Serge. Nous, ses amis et surtout Jeannette, son épouse, Christine et Serge ses enfants, nous trouverons là, peut-être, une façon d’adoucir notre peine.

René Trusses Président de la Ligue de l’Enseignement F.O.L. 65 27 Avril 2011


Portfolio

Serge Sandras Serge Sandras


TRANSVERSALES | tous droits réservés | généré dynamiquement par SPIP & MyGal