TRANSVERSALES

TRANSVERSALES

« L’art est le plus court chemin d’un homme à un autre » Claude Roy

André-Pierre Arnal

Exposition au Carmel à Tarbes jusqu’au 21 Novembre 2008.

Dernière mise à jour le jeudi 30 octobre 2008

L’œuvre de André - Pierre ARNAL ou la matière en vérité.

Une exposition des œuvres de André – Pierre Arnal, c’est une explosion chromatique, une jouissance éclatante dans la couleur et le papier travaillé. C’est la fête de la matière, le choc jubilatoire des supports, des matériaux choisis dans la vie courante, des outils et d’une gestuelle élémentaire. Il n’ y a pas que l’œil du visiteur à se trouver concerné. Il a envie de caresser, de palper. Les papiers imbibés d’un jeu de couleurs sont ensuite arrachés, séchés, entassés puis découpés, déchirés, organisés, collés. Le répertoire technique, qui n’a rien à voir avec des recettes, est d’une richesse insoupçonnée. Curieusement, même les gestes répétitifs sont sources de métamorphoses dans lesquelles le matériau se trouve ennobli. Les œuvres, comme des palimpsestes, se prêtent alors à des lectures multiples, en couches successives. C’est que le papier, dans cette sorte d’écriture étonnante, constitue un « vocabulaire et son organisation une syntaxe ». L’activité pratique, l’acte joyeux de création, nous entraînent dans un rythme en recherche incessante de la justesse de ton. Dans cet élan, le partage est, sans conteste, généreux à souhait. Mais, qu’on ne s’y trompe pas : le peintre, à l’affût des hasards provoqués, dirigés, maîtrisés, requiert une grande rigueur dans la construction. Nous sommes joyeusement invités à faire se croiser une culture artisanale, avec ses savoirs ancestraux, et une culture savante. Et ce croisement est nécessaire pour obtenir cette faculté de laisser la forme advenir et trouver son propre chemin. Les constructions arborescentes nous promènent dans une sorte de forêt des origines entre la réalité et une abstraction tangible. On peut, dès lors, et en toute liberté, passer du sensible au sens. La vérité de cette peinture se trouve aussi dans une réelle confiance dans l’expérimentation sans fin. Le peintre rappelle souvent, et à bon escient, que « le champ de la peinture reste ouvert, comme la recherche scientifique, à l’invention toujours vivante de l’esprit et de la main ». Tous les mauvais prophètes de « la mort de l’art » ou de son épuisement, devraient sombrer dans le ridicule devant cette peinture ouverte et roborative. R. T.


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