TRANSVERSALES

TRANSVERSALES

« L’art est le plus court chemin d’un homme à un autre » Claude Roy

"J’ veux pas dormir"

(En réponse à un élève de Section Théâtre dans un lycée au sujet du spectacle de Jérôme AUBINEAU : « J’ VEUX PAS DORMIR ».)

METTRE EN SCENE UN CONTEUR
Il y a une différence notable entre mettre en scène un conteur et mettre en scène un comédien. Très souvent le comédien est l’interprète d’un texte, alors qu’un conteur est souvent porteur de son propre répertoire.

Le conteur est, pour moi, le grand Roi du spectacle qu’il porte.
C’est lui qui doit conduire le public dans le passé, le présent, le futur quand il en a la volonté ; il peut même se permettre des anachronisme. Il faut donc abolir le fameux quatrième mur.
C’est lui qui a forgé les images qui doivent faire leur chemin dans le propre imaginaire du spectateur.
C’est lui qui tient le rythme selon la présence du public de chaque soir.
C’est lui qui a choisi sa langue pour dire aux autres. Il est donc le maître à bord de l’espace, de la durée et de l’épaisseur des silences ; il est le maître du temps et de la soirée. C’est son imaginaire, ici de l’enfance, qui doit être servi par le metteur en scène.
C’est lui aussi qui commande aux éclairages. Le régisseur d’un conteur éclaire plus l’atmosphère qu’un lieu,et qu’un personnage.
Mettre en scène Jérôme Aubineau dans « J’veux pas dormir », c’ est donc mettre en valeur tout son univers, sa langue, ses émotions. L’espace choisi, la gestuelle économe mais efficace, le timbre de la voix, son volume sont à travailler pour servir au plus juste cet univers.
Le metteur en scène, dans ce cas, est un maître accoucheur, il n’est surtout pas le père du bébé. Il propose au conteur qui apprécie ou non si l’indication répond à son désir, à son échelle de valeurs, à sa cohérence, à sa représentation du monde.
C’est donc un dialogue permanent qui s’instaure ; dialogue où le metteur en scène débusque les failles éventuelles et avance des solutions, des issues multiples.
Un metteur en scène doit renvoyer l’image du conteur qui ne se voit pas en jeu.
Trois moments forts ont été travaillés dans cet esprit :
 L’enfant dans le couloir

 L’épisode de la ratatouille dans le chaudron de la mémé

 La valse lente du grand-père et l’enfant qui lui réchauffe les mains.

L’accent a été mis sur la dynamique des images qui appelaient un autre musique enregistrée, une autre musique des mots, une autre gestuelle.


Portfolio

Affiche du spectacle


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